Pablo Pauly : passages TV

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Dimanche dernier
 

Fleur bleue 2023

Télévision : 30 mars à 11:54-11:58 sur Canal +

série humoristique

Fleur et le mec clean. Saison:2 - Episode:1 - Sur le point de passer à l'acte, Fleur découvre que son partenaire ne veut pas mettre de préservatif. - Critique : « T’as une capote ? — T’inquiète, j’suis clean… » À croire que Fleur n’apprend pas de ses erreurs. La jeune trentenaire aux histoires d’un soir impayables, qu’on avait adorées en 2024, revient un an après pour un deuxième round dans la même chambre, avec des échanges toujours aussi musclés et toujours aussi frais. Des cas absurdes – le « papa », incarné par Guillermo Guiz, lui donnant la définition de l’« hippopoprout » inventé pour son enfant (un hippopotame qui fait des prouts, évidemment) – aux rencontres les plus gratinées – le mec « intense », joué par Younès Boucif, à qui Fleur doit expliquer : « Tu ne peux pas m’aimer, c’est trop tôt ! » –, la jeune femme ne s’épargne aucune situation, à la condition qu’elle soit hilarante, culottée et sujette à un débat de société. Portée par Enya Baroux, qui prête à Fleur ses mimiques désabusées et son débit mitraillette, la deuxième saison de Fleur bleue creuse le même sillon – une shortcom drolatique, descendante assumée de Bref –, tout en déployant son registre, à la fois politique et intime. Les gags sans lendemain laissent place à un humour filé, avec des sketchs qui se font écho et donnent à l’héroïne épaisseur… et fragilité. Elle qui démarre au quart de tour et mène tous les combats de front – féminisme, écologie, etc. – échappe rarement au retour de bâton. Épisode après épisode, la jeune graphiste (elle a donc un métier, et aussi deux meilleures amies !) fissure sa carapace et laisse affleurer ses angoisses, celle d’une femme contemporaine déchirée entre son besoin d’indépendance et les injonctions à devenir mère. On rit donc toujours autant – « On ne sait pas ce qui est le plus douloureux, mais on sait qui on entend le plus, hein ? » assène Fleur à l’homme qui geint tandis qu’elle a ses règles –, et l’on s’émeut aussi, c’est nouveau. Jamais avares en punchlines assassines, les coscénaristes Martin Darondeau (« le mec religieux », c’est lui), Enya Baroux et Queenie Tassell réservent un épisode final d’une grande délicatesse, avec un acteur qu’on adore (Pablo Pauly), des émotions qui nous bouleversent. Et qui met tout le monde d’accord : tout le monde aime Fleur. Fleur bleue, comédie créée par Enya Baroux, Queenie Tassell et Martin Darondeau

Année : 2024

Avec : Axel Auriant, Enya Baroux

Dimanche dernier
 

Fleur bleue 2023

Télévision : 30 mars à 11:53-11:57 sur Canal +

série humoristique

Fleur et le mec clean. Saison:2 - Episode:1 - Sur le point de passer à l'acte, Fleur découvre que son partenaire ne veut pas mettre de préservatif. - Critique : « T’as une capote ? — T’inquiète, j’suis clean… » À croire que Fleur n’apprend pas de ses erreurs. La jeune trentenaire aux histoires d’un soir impayables, qu’on avait adorées en 2024, revient un an après pour un deuxième round dans la même chambre, avec des échanges toujours aussi musclés et toujours aussi frais. Des cas absurdes – le « papa », incarné par Guillermo Guiz, lui donnant la définition de l’« hippopoprout » inventé pour son enfant (un hippopotame qui fait des prouts, évidemment) – aux rencontres les plus gratinées – le mec « intense », joué par Younès Boucif, à qui Fleur doit expliquer : « Tu ne peux pas m’aimer, c’est trop tôt ! » –, la jeune femme ne s’épargne aucune situation, à la condition qu’elle soit hilarante, culottée et sujette à un débat de société. Portée par Enya Baroux, qui prête à Fleur ses mimiques désabusées et son débit mitraillette, la deuxième saison de Fleur bleue creuse le même sillon – une shortcom drolatique, descendante assumée de Bref –, tout en déployant son registre, à la fois politique et intime. Les gags sans lendemain laissent place à un humour filé, avec des sketchs qui se font écho et donnent à l’héroïne épaisseur… et fragilité. Elle qui démarre au quart de tour et mène tous les combats de front – féminisme, écologie, etc. – échappe rarement au retour de bâton. Épisode après épisode, la jeune graphiste (elle a donc un métier, et aussi deux meilleures amies !) fissure sa carapace et laisse affleurer ses angoisses, celle d’une femme contemporaine déchirée entre son besoin d’indépendance et les injonctions à devenir mère. On rit donc toujours autant – « On ne sait pas ce qui est le plus douloureux, mais on sait qui on entend le plus, hein ? » assène Fleur à l’homme qui geint tandis qu’elle a ses règles –, et l’on s’émeut aussi, c’est nouveau. Jamais avares en punchlines assassines, les coscénaristes Martin Darondeau (« le mec religieux », c’est lui), Enya Baroux et Queenie Tassell réservent un épisode final d’une grande délicatesse, avec un acteur qu’on adore (Pablo Pauly), des émotions qui nous bouleversent. Et qui met tout le monde d’accord : tout le monde aime Fleur. Fleur bleue, comédie créée par Enya Baroux, Queenie Tassell et Martin Darondeau

Année : 2024

Avec : Axel Auriant, Enya Baroux

Récemment en mars
 

Borgo

Télévision : 27 mars à 15:07-17:04 sur Canal +

film : drame

Surveillante de prison expérimentée, Mélissa, 32 ans, se voit offrir l'opportunité d'exercer son métier en Corse, une occasion qu'elle saisit pour s'installer avec son mari et ses deux enfants sur l'île de Beauté. Sur place, elle découvre un milieu carcéral qui possède une réputation surprenante : ici, ce sont les prisonniers qui surveillent les gardiens. Mélissa voit son intégration facilitée par Saveriu, un détenu influent qui la prend sous son aile. Après sa libération, Saveriu reprend contact avec Mélissa pour lui demander un service. Dès lors, celle-ci se retrouve entraînée dans un engrenage dangereux... - Critique : Elle descend dans la fosse aux lions. Surveillante de prison venue de la banlieue parisienne, Mélissa arrive au centre pénitentiaire de Borgo, près de Bastia : elle a pris la prime insulaire et commence une nouvelle vie avec son mari Djibril et leurs deux enfants. Baptisée Ibiza par les détenus, qui lui chanteront bientôt le tube de Julien Clerc en corse, Mélissa impose le respect à ces gros bras. Rigoureuse, mesurée, la trentenaire n’est ni sympathique, ni antipathique : carrée. Avec elle, pas d’histoires. Comment ce personnage lisse révélera une femme ambivalente et pleine de mystère, c’est la belle surprise que réserve l’intense Borgo. Trouver de troublants secrets derrière les apparences de vies ordinaires, voilà un lien possible entre les longs métrages de Stéphane Demoustier. Ce quadragénaire avait d’abord raconté dans Terre battue (2014) une affaire d’empoisonnement dans une famille où un père au chômage accompagne les performances prometteuses de son fils au tennis, puis, dans La Fille au bracelet (2020), le procès d’une bachelière accusée d’avoir tué sa meilleure amie, coup de tonnerre incompréhensible dans un monde petit-bourgeois tranquille. Cette fois, le réalisateur lui-même cache son jeu, déroulant sous nos yeux un film où l’habileté de la mise en scène sert autant l’efficacité que la complexité. Du service anodin au cercle vicieux Autour de la nouvelle matonne droite comme un I, les embrouilles sinueuses bouleversent rapidement les repères. Ses voisins menaçants et racistes s’en prennent à son mari, Djibril, parce qu’il est noir, le chien de la famille disparaît… À la prison, Melissa retrouve un jeune détenu dont elle avait fait la connaissance à Fleury-Mérogis, Saveriu. Il sait déjà tout de ses problèmes, qui vont très vite être réglés. C’est la première manifestation d’un pouvoir occulte qui s’impose, que ce soit pour protéger ou pour intimider, et auquel tout ramène. Croyant dominer la situation avec son sens de l’équilibre et de l’équité, Mélissa rend un anodin service en retour à Saveriu. Et entre dans un engrenage où elle est à la fois celle à qui l’on doit toujours quelque chose et celle qui doit toujours quelque chose. « En Corse, on n’oublie personne et personne ne nous oublie », lui dit un détenu, résumant l’infernal cercle vicieux. Borgo fait admirablement ressentir et comprendre l’omniprésence des tentacules de la pieuvre mafieuse. Stéphane Demoustier puise là une dramaturgie de thriller où la violence est constamment à l’affût. Comme dans cette scène impressionnante qui réunit la famille de Mélissa dans une chapelle où entrent deux motards, casque sur la tête. Sont-ils là pour faire le bien ou le mal ? Une chose est sûre, ce sont eux qui rendent la justice et veillent au culte du banditisme. L’ambiguïté dont la surveillante de prison fait l’apprentissage est d’abord dans ces situations susceptibles de basculer d’une manière incontrôlable et menaçante. Une soirée dans la paillote repaire de Saveriu, libéré, balance entre décontraction et tension, inséparablement, quand Mélissa s’alcoolise et abandonne exceptionnellement ce contrôle d’elle-même qui lui tient lieu de bouclier. Avec son atmosphère tendue de vérité et le réalisme brut de son regard sur le monde carcéral, Borgo ouvre pourtant une autre piste : celle d’un cinéma qui joue avec le spectateur et, à travers un grand raffinement d’écriture, fait se déplacer les personnages sur un vaste échiquier. Au parcours de la gardienne, d’abord simple pion dans une partie qui la dépasse, répond d’emblée la trajectoire parallèle d’un commissaire et d’un brigadier chargés d’enquêter sur un double assassinat à l’aéroport de Bastia. Leurs investigations blasées et leurs efforts poussifs, presque drôles, se concentrent sur des images de vidéosurveillance où le tueur semble les défier, dans un cache-cache sans fin. Mais ces images vont aussi révéler la présence, dans l’aérogare, de la surveillante de prison. Au mouvement d’un pion, s’est substitué celui d’une pièce plus importante, aux manœuvres plus stratégiques. Fascinante Hafsia Herzi De la difficulté à identifier un tueur, comme dans un polar, on passe ainsi, dans un registre moins balisé, à l’épineuse identification d’une femme. Qui est Mélissa ? On ne cesse de la redécouvrir, de l’envisager différemment. À l’image de ses collègues du centre pénitentiaire, lorsqu’ils constatent qu’elle est capable de reconnaître tous les composants d’une arme que les détenus voulaient faire entrer parmi des pièces détachées. Elle a pratiqué le tir sportif, explique-t-elle. Mais on la verra, en d’autres occasions, mentir avec beaucoup d’aplomb. Plus on avance et moins on peut dire à qui l’on a affaire. Stéphane Demoustier a su créer de subtils décalages entre les personnages de Borgo et leurs interprètes : Saveriu, incarné par Louis Memmi, a l’air d’un bon garçon, pas d’un petit voyou, et le commissaire campé par Michel Fau n’a rien, lui non plus, de typique. Entre Mélissa et la fascinante Hafsia Herzi, qui trouve ici son plus grand rôle, l’écart paraît d’abord inexistant, tant le naturalisme de la comédienne parvient à ancrer son rôle dans la pesanteur d’une vie de gardienne de prison. Mais son jeu, comme celui de Mélissa, se teinte progressivement d’opacité, sa présence si entière se fait indécise, évasive, jusqu’à devenir insaisissable. Sous nos yeux, la matonne nous échappe en devenant une femme aussi romanesque qu’une aventurière. Un extraordinaire tour de passe-passe. D’après une histoire vraieLe 5 décembre 2017, un double assassinat était commis à l’aéroport de Bastia. L’enquête révéla l’implication d’une surveillante pénitentiaire en poste à la prison de Borgo. Surnommée « la Mafiosa » parce qu’elle était fan de la série avec Hélène Fillières, qui jouait une cheffe de clan corse, elle comparaîtra aux assises dans les prochains mois. Tout en prenant cette affaire criminelle comme point de départ, le réalisateur de Borgo a imaginé une histoire différente. « J’ai fait de la matonne un personnage de pure fiction, explique Stéphane Demoustier. L’affaire réelle implique le grand banditisme, alors que l’héroïne de mon film n’est en contact qu’avec des voyous subalternes et se voit considérée elle-même comme une subalterne parce qu’elle fait un métier dévalorisé, mal payé. J’ai eu autour de moi des avocats qui ont veillé à ce que le scénario reste indépendant du déroulé des faits réels. »

Année : 2023

Avec : Anthony Morganti, Cédric Appietto, Florence Loiret, Hafsia Herzi, Henri-Noël Tabary, Lyam Touhami, Maé Touhami, Memmi Louis, Michel Fau, Moussa Mansaly, Pablo Pauly, Thomas Muziotti