Télévision : 1er avril à 03:00-03:50 sur France 2
série policière
Saison:1 - Episode:3 - La révélation publique par Stéphanie de son viol ébranle la communauté et son propre couple. Diego ne supporte pas de découvrir la terrible vérité en même temps que tout le monde et prend ses distances avec son épouse. Romain, écarté de l'enquête, est persuadé que l'agresseur habite dans la petite ville et que ses victimes le connaissent. Alors que Stéphanie, enceinte, se rend à l'hôpital pour y subir une IVG, Romain apprend grâce aux analyses ADN que le violeur est stérile et qu'il ne peut être le père du bébé. Il rejoint aussitôt sa soeur pour lui faire part de sa découverte. Les gendarmes recherchent le propriétaire d'une camionnette... - Critique : Oui, les victimes de viol culpabilisent d’avoir été violées. Oui, elles peuvent être abusées sans crier. En psychanalyse, cela s’appelle « l’état de sidération ». Pour survivre, elles peuvent même tout oublier en développant une « amnésie post-traumatique ». D’ailleurs, certaines ne pleurent jamais. Parfois pourtant on finit par les croire… À l’inverse de la série Unbelievable, qui abordait la question du viol et de sa judiciarisation avec une délicatesse inouïe, cette série se gargarise de poncifs et ne cesse de surligner l’indicible. Sur la Côte d’Azur, un prédateur assaille des femmes en plein sommeil. Elles s’appellent Camille, Stéphanie, Latissa, Isabelle… ont entre 20 et 45 ans. De gros plans sur leurs visages décomposés illustrent la violence des coups de reins subis. Était-ce bien nécessaire de nous montrer dix fois la scène ? Et que dire de ce flic qui criminalise les victimes, de son confrère alcoolique capable de citer Dostoïevski, et surtout de femmes traumatisées bien décidées à se faire justice elles-mêmes ? Les clichés n’ont jamais fait avancer la société. Sous ses airs de saga d’été – qu’illustrent des plans de la Méditerranée sur fond de pop solaire –, ce thriller grossier passe à côté de la dévastation psychique et physique causée par les violences sexuelles. Pour « nous donner accès aux pensées des victimes », ces dernières sont filmées face caméra entre deux scènes d’action, façon documentaire choral. Mais le mélange des genres se révèle catastrophique tant il parasite et alourdit le propos. On n’avait pas besoin d’un tel dispositif. Juste d’un peu d’élégance et de sobriété.
Année : 2025
De : Frank Steen
Avec : Alice Daubelcour, Antoine Hamel, Charlie Bruneau, Jérémie Poppe, Ludmilla Dabo, Marie Mallia, Myriam Bourguignon, Raphaël Lenglet