Télévision : 2 avril à 15:03-16:46 sur Canal +

film : comédie

Après une terrible tragédie, la famille Deetz revient à Winter River. Toujours hantée par le souvenir de Beetlejuice, un fantôme qui a martyrisé ses proches trois décennies plus tôt, Lydia, animatrice d'un talk-show consacré aux phénomènes surnaturels, voit sa vie bouleversée lorsque sa fille Astrid, une adolescente aussi rebelle que naïve, suit les conseils de son nouveau petit ami et ouvre accidentellement un portail vers l'Au-delà. Alors que le chaos plane sur les deux mondes, ce n'est qu'une question de temps avant que quelqu'un ne prononce le nom de Beetlejuice trois fois et que ce fantôme farceur ne revienne semer la pagaille… - Critique : Choisi pour inaugurer la Mostra de Venise 2024, le long métrage de Tim Burton se révèle une bonne surprise, dans son genre. Quel genre ? Celui de la suite qui ne nous rajeunit pas, déjà, trente-six ans après le premier Beetlejuice, qui fit le succès du cinéaste américain. Et puis, surtout, le genre tour de manège pour petits et grands, ludique, gratuit, et ne prétendant à rien d’autre. En gros, on prend les mêmes (ou presque, il y a des nouveaux, dont la Bellucci qui hérite d’une entrée en scène géniale) et on recommence. Dès le début, avec ce survol des rues de Winter River, du pont couvert, la caméra filant vers la maison hantée de l’opus initial, l’effet doudou fonctionne à plein. À la fenêtre de la vieille bâtisse, on retrouve Lydia (Winona Ryder et ses grands yeux éternellement écarquillés), comme si elle n’avait pas bougé depuis 1988. Sauf qu’elle avait 17 ans, à l’époque, et qu’elle ne les a plus. On l’a quittée fille, la voici à présent dans le rôle de la mère paumée dans ses fringues gothiques, la partition de l’ado en crise revenant à Jenna Ortega (alias Mercredi dans la série du même nom réalisée par Burton en 2022). Mille et une façons de crever En fait, tout s’est décalé d’un cran, à l’écran et dans la vie, ce petit cran qui rapproche mine de rien personnages et spectateurs du point final, cap et motif obsessionnels de l’univers burtonien et de cette comédie macabre menée tambour battant. Lydia voit des morts partout – elle est médium à la télé –, quand Astrid, lycéenne boudeuse et tête à claques typique du cinéma américain, ne croit pas aux fantômes. L’une et l’autre ont perdu leur père. L’une et l’autre se font rouler par des escrocs de l’amour. Le scénario ne revêt pas une originalité folle, qui doit essentiellement les réconcilier et caser la répétition fatidique, par trois fois, du nom de Beetlejuice pour le ramener d’entre les morts. Et justement, le plaisir, modique mais bon à prendre, se loge dans la redite : les outrances dégoûtantes de Michael Keaton ; les humains possédés chantant en play-back, non plus sur Harry Belafonte et son fameux Day-O, mais sur un titre sublime de Richard Harris, MacArthur Park (1968) ; la tournée des bureaux de l’au-delà, avec leurs couloirs à damier, leurs employés mal embouchés et leurs trépassés récriminants. S’il catalogue pour de rire mille et une façons de crever – mention spéciale à la secrétaire transpercée par un javelot –, Tim Burton maintient en vie sa conception d’un cinéma luxueusement bricolé, où maquettes et maquillages, costumes et trucages l’emportent encore sur le tout-virtuel. De quoi enterrer bien des Marvel.

Année : 2024

Avec : Arthur Conti, Burn Gorman, Catherine O'Hara, Chris George Scott, Corey Baker, Danny DeVito, Derek Arnold, Jenna Ortega, Justin Theroux, Michael Keaton, Monica Bellucci, Nick Kellington, Santiago Cabrera, Willem Dafoe, Winona Ryder